Le Petit ami, de Paul Léautaud

05/03/2017

 

"Le Petit ami" de Paul Léautaud aux Editions Gallimard.

"Je ne me suis jamais beaucoup plu aux livres d'enthousiasme, aux livres de pur lyrisme, ... Les livres de foi m'ont toujours un peu assommé aussi. J'ai toujours été porté vers les livres où l'auteur dit : je, et se raconte". Paul Léautaud

 

En 1902, Paul Léautaud publie ce premier livre. Il fut bien accueilli par le milieu littéraire. L'auteur n'en était pas satisfait,  il s’opposera toujours à sa réimpression, et en réécrira les deux premiers chapitres.  Il en parlait en ces termes «Que de fautes de goût ! Que de descriptions vulgaires ! Il faudrait que j'enlève tout ça un jour. Il y a la-dedans trop de choses auxquelles je tiens, trop de choses de ma vie pour les laisser présentées ainsi.»

 

A cette époque, Paul Léautaud a co-publié avec Van Bever une anthologie de la poésie contemporaine, un ouvrage qu'il reniera. Il n'est pas encore reconnu comme un homme de lettres. Il a commencé en toute confidentialité, le Journal Littéraire, oeuvre littéraire qui l'accompagnera durant toute sa vie. Il intitule ce premier livre publié "Souvenirs légers". Mais le titre sera modifié par Vallette, le directeur du Mercure de France. 

 

Il y romance son autobiographie. On découvre son style unique : une prose simple alliée à un sens de la formule. Les mots n'arrivent jamais par hasard. Ils sont le reflet direct de sa pensée. On peut croire à l'impudeur. Ce n'est qu'une sincérité bien aiguisée.   Il parle de sa  vie affective, de ses relations avec les prostituées. Il raconte sa mère, en qui il ne voit qu'une femme belle et désirable. Sans complexe, sans honte, il décrit ce lien ambiguë. 


Ce livre est la porte d'entrée dans l'univers de Paul Léautaud. On y découvre sa pensée, libre de toute honte et de tout moralisme. Son talent est déjà là. Certains y voient un sens inné de la formule. C'est une erreur, Paul Léautaud ne s'est pas égaré sur ce chemin. Son style est  la parfaite maîtrise de l'expression simple, limpide et ciselée de sa pensée. Il ne cherche pas à faire de bons mots. Il veut juste utiliser les termes les appropriés à sa pensée, sans maniérisme ou effets de manche. 

 

Entretien de Paul Léautaud avec Robert Mallet : Une autocritique du Petit Ami

 

 

 

 

 

 

Please reload

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now